Origine des Maisons

Le 15 décembre 1805 ou 24 frimaire de l'an XIV, au lendemain de la grande bataille d'Austerlitz, Napoléon signe le décret de création des maisons d’éducation de la Légion d’honneur. Ces maisons d’éducation avaient pour but à leur création d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents ou grands-parents  avaient reçu la Légion d’honneur.

 
Ce décret, qui fut signé au Palais de Schönbrunn en Autriche, comportait les articles suivants :
Article 1er : Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.
Article 2 : Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand chancelier de la Légion d’honneur, en grand conseil.
Article 3 : Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.
Article 4 : Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.
Article 5 : Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand chancelier de la Légion d’honneur.
Article 6 : Le nombre des élèves sera de cent par maison.
Article 7 : Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.
Article 8 : Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.
Article 9 : Le grand chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
   - Sur le mode d’admission des élèves ;
   - Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
   - Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
   - Sur le régime de la maison et son administration ;
   - Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.
Article 10 : Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.
 
La première de ces maisons fut installée au sein du domaine d’Écouen, ancienne propriété de la famille de Montmorency qui la transmit aux Condé suite au mariage de Charlotte de Montmorency avec le prince de Condé. Le château et le domaine d'Écouen furent par la suite confisqués par la nation en 1793, date après laquelle tous les meubles, œuvres d'art et objets précieux conservés au château furent vendus par la commune d'Écouen.  Il fut un temps question à cette époque de détruire le château d'Écouen mais grâce à l'intervention de l'évêque Grégoire, le château put être conservé ainsi que tous les monuments historiques de France.
Le château d'Écouen servit alors tour à tour d'hôpital, de prison militaire et de lieu de réunion des vélites de la garde impériale de 1802 à 1805.
C'est le 6 juillet 1806 que le château d'Écouen et ses dépendances sont désignés par Napoléon pour abriter la première Maison d'éducation. Le 5 septembre 1807, Madame Campan, autrefois lectrice de Mesdames filles de Louis XV et directrice d'un pensionnat de jeunes filles à Saint-Germain-en-Laye, est nommée première surintendante de la Maison d'éducation d'Écouen, sous la direction du Comte de Lacépède, premier grand chancelier de la Légion d'Honneur.